Mal dans la peau

Genre : Roman

Editeur : Calepin

Sortie : Mai 2013

 

Marie et Carole, deux amies d'enfance originaires de Lille, se trouvent séparées quand Carole part vivre avec son mari Fabrice dans un petit village retiré de l'arrière-pays niçois.

Elles décident alors de s'écrire, mais au cours de ces échanges la Carole que Marie connaissait s'efface peu à peu...

 

Que lui arrive-t-il ? Quel secret cherche-t-elle à cacher derrière ces mots si minutieusement pesés ?

Témoignage d'une lectrice

J'ai acheté "Mal dans la peau" lors du salon du livre de Maule et j'avais promis de vous faire un retour.
J'ai été très agréablement surprise et plus d'une fois touchée par la grande sensibilité qui se dégage du livre; vous arrivez à nous tenir en haleine et à faire durer le suspense : au début, je ne pensais pas du tout à une histoire de violence conjugale.....
La simplicité et la fluidité de l'écriture nous rapproche sans doute davantage de l'histoire et j'ai refermé le livre, heureuse pour les deux amies et ravie d'avoir fait une belle découverte ! Bravo !!

J'en parlerai autour de moi et le ferai lire à des amies.

Au plaisir de vous relire,

Aïda 

Mon avis : Lors de la préselection des romans pour le « Prix des Auteurs Inconnus », les dix premières pages de celui-ci m’avaient interpellée. Je dois avouer que je n’ai pas été déçue par cette lecture forte, prenante et marquante !

Carole déménage pour suivre Fabrice, muté pour son travail dans la région de Nice. Ils emménagent dans une maison à la campagne, dans un village éloigné, où Carole tourne vite en rond. Elle a laissé à Lille sa famille et ses amis, dont Marie, sa meilleure amie. Comme elle n’a pas de téléphone fixe et que le portable ne passe pas, Marie et Carole décident de s’écrire pour ne pas perdre le lien. A travers les lettres, Marie voit son amie changer et devine que quelque chose ne tourne pas rond. Mais comment faire parler son amie sans la braquer ? Comment lui ouvrir les yeux sans risquer de la perdre ?

Dès le départ, on sent la relation très forte entre les deux jeunes femmes. Elles souffrent de la séparation géographique et Carole va trouver du réconfort dans le fait de pouvoir parler à sa meilleure amie. Pourtant, on comprend qu’elle ne lui dit pas tout, notamment grâce aux extraits de ses pensées et cette rengaine « Carole aime Fabrice. Fabrice aime Carole ». Au départ, on se demande pourquoi…. Puis très vite on comprend que Carole ne veut pas admettre qu’elle est malheureuse dans son mariage. On apprend au fil des lettres qu’elle s’est mariée peu de temps après sa rencontre avec Fabrice et ce dernier semble avoir des idées très arrêtées sur la place et le rôle d’une épouse. On comprend que Carole ne s’épanouit pas comme elle le devrait et on se demande jusqu’à quel point elle est brimée par son mari….

J’ai adoré ce roman et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il est très original dans la forme. En effet, c’est un roman épistolaire entrecoupé de pensées de Carole. Les lettres entrainent une forme de laisser-aller par nos deux protagonistes qui se lachent sur le papier et partagent ainsi tous les évènements marquant de leurs vies. On comprend malgré tout que Carole écrit « à demi-mot », pour ne pas inquiéter son amie. Pourtant, derrière les phrases, on lit sa douleur et sa détresse. Car en effet, ce roman parle d’une manière détournée et avec tact du thème de la violence conjugale. Tout au long des lettres, Carole ne veut pas inquiéter Marie et nie les marques de violence que l’on perçoit à travers ses écrits. On retrouve tous les indices d’une femme battue, qui ne veut pas admettre qu’elle l’est. J’ai trouvé la manière de faire très habile et même si on n’a pas le point de vue de Fabrice sur ces évènements, il est intéressant de suivre la démarche de la victime et son trajet vers l’acceptation de la situation. Enfin, malgré ce thème difficile, j’ai trouvé les personnages attachants et justes. Ce thème est loin d’être un thème facile et je trouve qu’à aucun moment, on ne tombe dans la caricature. Même Fabrice, qui est pourtant le « bourreau » n’est jamais diabolisé.

J’ai beaucoup apprécié la manière d’écrire de l’auteure. Sa plume est fluide et le style épistolaire donne du rythme à la lecture. Ce roman est une vraie belle découverte que je ne regrette pas d’avoir aidé à sélectionner pour ce « Prix des Auteurs Inconnus ». Amateurs de livres épistolaires, n’hésitez pas à vous plonger dans ce roman qui, malgré la dureté du thème, est un roman rempli d’espoir et surtout un beau roman sur l’amitié

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