LES AVIS SUR MAL DANS LA PEAU

Chronique dans le cadre de la participation au prix des auteurs inconnus

Les Miss Chocolatine bouquinent (lien après l'article)

Mon avis : Lors de la préselection des romans pour le « Prix des Auteurs Inconnus », les dix premières pages de celui-ci m’avaient interpellée. Je dois avouer que je n’ai pas été déçue par cette lecture forte, prenante et marquante !

Carole déménage pour suivre Fabrice, muté pour son travail dans la région de Nice. Ils emménagent dans une maison à la campagne, dans un village éloigné, où Carole tourne vite en rond. Elle a laissé à Lille sa famille et ses amis, dont Marie, sa meilleure amie. Comme elle n’a pas de téléphone fixe et que le portable ne passe pas, Marie et Carole décident de s’écrire pour ne pas perdre le lien. A travers les lettres, Marie voit son amie changer et devine que quelque chose ne tourne pas rond. Mais comment faire parler son amie sans la braquer ? Comment lui ouvrir les yeux sans risquer de la perdre ?

Dès le départ, on sent la relation très forte entre les deux jeunes femmes. Elles souffrent de la séparation géographique et Carole va trouver du réconfort dans le fait de pouvoir parler à sa meilleure amie. Pourtant, on comprend qu’elle ne lui dit pas tout, notamment grâce aux extraits de ses pensées et cette rengaine « Carole aime Fabrice. Fabrice aime Carole ». Au départ, on se demande pourquoi…. Puis très vite on comprend que Carole ne veut pas admettre qu’elle est malheureuse dans son mariage. On apprend au fil des lettres qu’elle s’est mariée peu de temps après sa rencontre avec Fabrice et ce dernier semble avoir des idées très arrêtées sur la place et le rôle d’une épouse. On comprend que Carole ne s’épanouit pas comme elle le devrait et on se demande jusqu’à quel point elle est brimée par son mari….

J’ai adoré ce roman et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il est très original dans la forme. En effet, c’est un roman épistolaire entrecoupé de pensées de Carole. Les lettres entrainent une forme de laisser-aller par nos deux protagonistes qui se lachent sur le papier et partagent ainsi tous les évènements marquant de leurs vies. On comprend malgré tout que Carole écrit « à demi-mot », pour ne pas inquiéter son amie. Pourtant, derrière les phrases, on lit sa douleur et sa détresse. Car en effet, ce roman parle d’une manière détournée et avec tact du thème de la violence conjugale. Tout au long des lettres, Carole ne veut pas inquiéter Marie et nie les marques de violence que l’on perçoit à travers ses écrits. On retrouve tous les indices d’une femme battue, qui ne veut pas admettre qu’elle l’est. J’ai trouvé la manière de faire très habile et même si on n’a pas le point de vue de Fabrice sur ces évènements, il est intéressant de suivre la démarche de la victime et son trajet vers l’acceptation de la situation. Enfin, malgré ce thème difficile, j’ai trouvé les personnages attachants et justes. Ce thème est loin d’être un thème facile et je trouve qu’à aucun moment, on ne tombe dans la caricature. Même Fabrice, qui est pourtant le « bourreau » n’est jamais diabolisé.

J’ai beaucoup apprécié la manière d’écrire de l’auteure. Sa plume est fluide et le style épistolaire donne du rythme à la lecture. Ce roman est une vraie belle découverte que je ne regrette pas d’avoir aidé à sélectionner pour ce « Prix des Auteurs Inconnus ». Amateurs de livres épistolaires, n’hésitez pas à vous plonger dans ce roman qui, malgré la dureté du thème, est un roman rempli d’espoir et surtout un beau roman sur l’amitié.

 https://lesmisschocolatinebouquinent.wordpress.com/author/lilie1216/

https://www.prixdesauteursinconnus.com/

 

La sélection du mois d’Hatanna – Octobre 2017. Blog Renards hâtifs

Drame avec Ghislaine Bizot, auteure de Mal dans la peau. Là encore le titre est évoquant. Touchant, poignant mais ô combien outrageant. « Renoncer c’est avancer. » Magnifique lecture. Un témoignage à partager. La violence ne devrait pas avoir sa place entre les mains d’un homme devant chérir sa femme.

Un drame incroyablement révoltant. On y évoque la question du paraître et celle de l’être. On y lit l’écrasement de soi, l’acceptation. Se répéter des mots pour se convaincre de leurs sens, de leur véracité, et au fond, espérer. Il semblerait que tout coule à ses côtés sans l’atteindre, seule sa peine intérieure a droit au chapitre. Elle ment pour garder la face. On peut dire la vérité à tous, mais une vérité différente. Tout va crescendo dans ce bel échange épistolaire.

« Je n’étais pas destinée à être une femme battue, j’ai seulement eu la malchance de tomber amoureuse d’un homme violent. »

Une lectrice témoigne ...

Un témoignage d'une lectrice de Mal dans la peau. Merci à Marilyne Relsseub !

 

Marilyne Relsseub Si proche de la réalité que vit une femme violentée, de quelque forme de violence que ce soit, ce livre devrait être lu par toutes les jeunes femmes. J'y ai retrouvé mon histoire, un regard extérieur sur celle - ci, et surtout l'espoir qu'on peut s'en sortir malgré tout. Merci

L'avis de Julia

 

Un roman qui prend à la gorge !

 

Tout d'abord, merci aux éditions Calepin pour ce partenariat.

 

Quand j'ai vu le résumé, je me suis dit que ce roman allait être difficile. Non seulement ce fut le cas, mais en plus, c'est un immense coup de cœur pour moi !

 

Alors passons à mon avis.

 

Ce qui est difficile dans cette histoire vient principalement du thème abordé. Nous sommes plongés dans un problème ô combien réaliste, les femmes battues. Et même si ce n'est pas un roman autobiographique, nous sommes si immergés dans ce sujet, que nous avons la terrible impression de lire un témoignage. Ghislaine Bizot utilise les mots avec un talent incroyable, tantôt nous ressentons l'amour qui s'en dégage, mais aussi la haine et la douleur. Ainsi, elle nous expose avec une cruelle vérité, ce qu'une femme battue peut vivre, l'emprise de celui qui dit l'aimer, l'éloignement forcé de son entourage, le mensonge et pire encore, les coups.C'est dans cet environnement si dur, que nous suivons Marie et Carole, deux meilleures amies, presque aussi proches que des sœurs. Jusqu'au jour où Carole se voit contrainte de déménager pour le travail de son mari et que l'enfer commence. La plus grande force de ce roman tient dans le fait qu'il est presque exclusivement épistolaire. Nous suivons les échanges de lettres entre Marie et Carole et surtout nous subissons la terrible angoisse de Marie qui est impuissante face à l'horreur que vit sa meilleure amie. Croyez-moi, lire ces lettres est une épreuve pour nous, plus le roman avance et plus Ghislaine Bizot nous fait vivre des instants terrifiants de vérité. Les larmes coulent à de nombreuses reprises, que se soit pour la beauté de l'amitié qui lie ces deux femmes, mais aussi pour le calvaire qu'elles vivent respectivement. On ressent tellement de douleurs physiques et morales, que l'on en arrive à ne plus pouvoir respirer, tant c'est intense. Mal dans la Peau, c'est une histoire qui nous fait vivre la descente aux enfers de deux femmes, l'une impuissante à aider son amie, l'autre impuissante face à la violence de son mari !

 

"Brèche dans la digue qui retient le flot de ses larmes, de ses doutes. Elle a creusé une brèche pour laisser passer ce qui débordait de son coeur. Elle sent le lent écoulement de son chagrin."

 

La fin est émotionnellement très dure. Alors que nous avons l'impression que le pire va arriver, tant la souffrance de Carole ne voit aucune issue, nous ne pouvons nous empêcher de penser à Marie, spectatrice impuissante. Mais heureusement, les derniers événements nous redonnent espoir, même si le mal à été fait et qu'il sera incurable.

 

En bref : Un roman qui nous fait souffrir par tant de réalisme et qui nous angoisse terriblement !

http://elo-dit.over-blog.fr/2015/10/mal-dans-la-peau-ghislaine-bizot.html


Une lectrice m'a écrit....


Je tenais à vous dire que votre roman Mal dans la Peau m'a vraiment touchée ... il est haletant, stressant, poignant, l'ambiance est sombre et j'ai hésité à le finir de peur de la fin. Merci encore pour cette pépite c'est un sujet qui malheureusement est vrai pour beaucoup de femmes ... Encore merci je n'oublierai jamais ce livre